Le 13 janvier dernier, le CinéMalraux accueillait la projection du film Animus Femina en partenariat avec l’AJAS. La séance s’est déroulée en deux temps : la projection du documentaire, suivie d’un échange avec la réalisatrice, Eliande De Latour et les membres de Tetras Libre, centre de sauvegarde de la faune sauvage en Pays de Savoie.

Animus Femina dresse le portrait de quatre femmes dont les trajectoires sont intimement liées aux animaux sauvages. Vétérinaire, dessinatrice, scientifique ou femme vivant en communion avec la nature, elles entretiennent des relations directes ou indirectes avec le monde animal. Ce lien révèle une même ambition : cohabiter avec les animaux.

Le film confronte le spectateur à la responsabilité humaine par un récit non explicatif, dont le spectateur n’est pas guidé pas un récit explicite et laissant les images et les situations ouverte à l’interprétation. Loin de toute idéalisation, il montre une réalité brute. Certains plans peuvent déranger, d’autres illustrer l’affection, cependant ses plans s’imposent comme nécessaires pour rendre compte du quotidien et de l’engagement de ces femmes.

Le film montre comment l’activité des humains peuvent détruire des espaces d’habitation, fragiliser des espèces entières établies sur des années et provoquer des accidents. Des animaux percutés par des véhicules, des croisières en Antarctique,  jusqu’aux violences et menaces subies par celles qui les défendent : les obstacles sont réels pour les animaux.

Construit en trois chapitres, Tentatives, Chaos et Espoir. Le film accompagne les passages entre idéaux et réalité. Il met en lumière l’engagement et l’amour de ces femmes pour les animaux, tout en montrant les limites des actions de sauvetage et la fatigue physique et morale qu’elles impliquent. À travers des images brutes, le film souligne leur persévérance et leur volonté de mettre leurs actions au service du vivant : soigner, protéger, sensibiliser et vivre avec les animaux. Animus Femina rappelle ainsi une évidence trop souvent oubliée : les animaux non domestiqués ont eux aussi une valeur. À travers les relations établies entre ses femmes et les animaux, le film confronte le spectateur à la fragilité des êtres sensibles et à la violence que l’humain impose à des écosystèmes construits depuis des milliers d’années.