Les cirques avec animaux

Un animal sauvage ne peut pas être heureux dans un cirque

Même dans le meilleur des cirques possibles, soit un cirque où les techniques de dressage sont non-violentes, où l’on veille à maintenir un espace de vie décent aux animaux et où leurs soins et leur alimentation sont les meilleurs possibles, les animaux ne peuvent pas y être heureux, c’est un fait. C’est d’ailleurs sur ce constat que d’autres pays ont pris la décision d’interdire les animaux sauvages dans les cirques :

« A la suite d’inspections, nous avons constaté que les cirques ne respectaient pas les normes en matière de détention des animaux, explique Bruno Cardinal, conseiller scientifique pour le Conseil du bien-être animal, qui dépend du ministère belge de la santé publique. L’hébergement et les transports ne sont pas appropriés aux animaux sauvages, essentiellement en raison des déplacements fréquents des cirques et du manque de place disponible sur leurs lieux d’installation. […] Les animaux sauvages doivent également pouvoir exprimer une série de comportements propres, tels que la fuite ou encore la recherche d’alimentation, ce qui n’est pas non plus possible dans l’enceinte d’un cirque.» Conseil du Bien-être Animal – Belgique

Voici les 4 raisons, évoquées après étude par le Conseil du Bien-être Animal, qui ont abouti à l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques : le manque d’espace pour les logements intérieurs et extérieurs des animaux sauvages, l’absence de possibilité de baignade pour certaines espèces, l’absence de congénères pour certaines espèces grégaires, le non-respect des exigences de température.

Un animal est malheureux dans un cirque, et ce malgré tout l’amour que peuvent lui apporter les circassiens

Nous ne doutons pas que certains circassiens aiment profondément leurs animaux, mais l’amour ne suffit pas. Aimer c’est aussi savoir ce qui est bon pour l’autre même si cela demande un sacrifice pour soi, le sacrifice de ne plus avoir l’autre. Quand aimer c’est posséder, garder l’autre contre son gré, contre son bien-être, alors cet amour est nocif.

Où iraient les quelques 1200 animaux des 200 cirques itinérants et fixes ?

C’est un des points les plus difficiles de la mise en place d’une loi d’interdiction des animaux dans les cirques. En effet, même dans le cas de la Belgique où de l’Angleterre dont les cirques fixes avec animaux n’étaient qu’une vingtaine, les animaux des cirques itinérants eux sont nombreux. S’ils sont interdits dans un territoire les cirques itinérants continuent leur tournée en Europe. Il n’existe pas à ce jour de projet qui prenne en compte la prise en charge de ces animaux : soit leur réintroduction quand c’est possible (rarement), soit leur remise en « liberté » dans des parcs suffisamment grands.

Cela demande la mise en place d’infrastructures, de fonds, de personnel qualifié, d’espaces adaptés.

Les refuges déjà existants en Europe (en France, il n’en existe qu’un apte à récupérer les grands félins) ne peuvent récupérer tout ces animaux. Quant aux zoos, ils tuent chaque année entre 2000 à 5000 animaux (régulation des naissances). Certains cirques tiennent d’ailleurs leurs animaux de petits nés en captivité dans un zoo. Une réelle discussion sur ce sujet s’impose afin de ne pas laisser ces animaux dans une situation de souffrance.

Actuellement les seuls projets « réalisables » dans l’immédiat sont ceux qui demandent l’interdiction des naissances dans les cirques, ainsi que de l’achat de nouveau animaux. Les éléphants seront certainement des animaux qui pourront encore être retirés et replacés dans des parcs en Asie (la plupart sont des éléphants d’Asie), ou Afrique.

 

Un projet récent laisse néanmoins imaginer un autre avenir pour les zoo, celui d’être reconverti en espace d’accueil et de soin des animaux sauvages issues du trafic illégal (3ème plus grand trafic au monde…) ou de récupération (fermeture de zoo pour commencer, retraite des animaux de cirque, faillite de cirque, dons des animaux par des cirques en reconversion). Ce magnifique projet aurait lieu en Bretagne où le Zoo de Pont-Scroff a pu être racheté grâce à des dons en seulement 4 jours ! Vous pouvez continuez à faire des dons pour que ce projets puisse être financé jusqu’à ce qu’il soit autonome économiquement. 

Autre projet qui permettrait, en France, d’accueillir des éléphants des cirques et des zoos: Elephant Haven ! Vous pouvez faire des dons via leur site internet. 

Derrière le bruyant spectacle, la silencieuse souffrance

Le cirque renvoie à une image festive, d’enchantement même. On s’attend à être ébloui et impressionné par le spectacle que nous allons voir. Mais les paillettes, la lumière, et la musique nous font oublier, ou ignorer, que derrière ces fards il y a des animaux en souffrance. La réalité est brutale. Faites-donc un tour dans la ménagerie, si cela est possible. Vous y verrez des animaux apathiques, avec des troubles du comportement, des animaux enfermés, entassés, ou isolés, voir enchainés. De l’eau et de la nourriture absente ou sale, pas de jeux, pas ou peu d’espace pour se dégourdir. Une laisse de deux mètres dans un espace vide ne doit pas vous tromper, l’animal reste attaché sans possibilité de se mouvoir comme il le souhaite, peu importe le froid ou la chaleur. Vous les verrez dehors par tous les temps qu’ils soient tigres, éléphants, ou chevaux. Vous verrez des animaux que vous n’avez jamais vus, dans des conditions dans lesquels vous ne souhaiteriez jamais les voir.

C’est tout cela que vous verrez sur les images ci-dessous. Pas nécessairement des images de violence (car ces actes sont d’autant plus cachés), mais juste la terrible et silencieuse souffrance de ces animaux.