Le 28 janvier 2026, le média Mediapart a publié une enquête consacrée à Ynsect et sa gestion de l’argent public. Ynsect est une entreprise française spécialisée dans la production de protéines à base d’insectes destinée à l’alimentation animale et humaine. Quelques jours plus tôt, de son côté, le média Vakita diffusait une vidéo dénonçant les conditions de travail au sein de la même entreprise. Si les deux enquêtes pointent du doigt la gestion de l’argent public et les conditions de travail de l’entreprise, ces dernière ont décidé de ne pas s’orienter sur le sujet de l’incertitude quant aux insectes sur leurs sentiences.
Ynsect : décadence d’un espoir de l’industrie française
Fondée en 2011 à Paris, Ynsect se positionne comme une réponse aux défis alimentaires modernes. L’entreprise mise sur l’élevage d’insectes pour produire des protéines destinées à l’agriculture et à l’alimentation. Ynsect se décrit comme une entreprise répondant aux enjeux du futur pour nourrir une population humaine et animale. L’entreprise dit répondre aux solutions de pollution, de nourrissage d’élevage et permettre à la France une souveraineté alimentaire.
Pourtant, en 2025, l’entreprise est placée en liquidation judiciaire. L’enquête de Mediapart met en lumière l’ampleur des financements publics engagés. Au total, au moins 170 millions d’euros de soutiens publics auraient été mobilisés. Parmi eux, environ 2 millions d’euros de subventions de l’Agence de la transition écologique et près de 5 millions d’euros de crédit d’impôt recherche au cours des années 2010. La question posée est celle de la gestion de ces investissements publics sans suivi, de son côté, Vakita insiste sur les conditions de travail. Des salariés décrivent la présence de mouches, d’oiseaux et de rongeurs, des problèmes structurels tels que l’effondrement de bacs, une mauvaise gestion des déchets organiques et des lignes de production mal entretenues. L’exposition prolongée à une forte concentration de coléoptères montre des risques allergiques respiratoires pour les travailleurs.
Et les insectes ?
Parmi tous ces éléments mentionnés, un élément demeure cependant peu abordé dans ces traitements médiatiques : le statut même des insectes élevés. Les mentions dans les enquêtes portent essentiellement sur leur rendement protéique. Les larves sont décrites comme une matière première, et non comme des organismes vivants. Si l’on accepte que l’élevage d’insectes constitue une forme d’élevage du vivant, la question de leur éventuelle sentience mérite d’être questionnée à juste titre.
À ce jour, la recherche scientifique sur la sentience des insectes est en évolution. Si certaines études explorent la capacité de plusieurs espèces d’insectes à ressentir la douleur ou à manifester des comportements complexes, aucun consensus définitif n’est encore adopté. Les études scientifiques ne sont pas encore assez matures et critiquées pour permettre d’établir une position claire.
Dans ce contexte d’incertitude, le développement massif d’une filière industrielle reposant sur l’élevage et le broyage d’insectes soulève un débat éthique encore largement absent lors de la rédaction des enquêtes sur l’entreprise.
Si l’échec d’Ynsect pose la question de l’investissement des fonds publics et des conditions de travail, on peut aussi légitimement se poser la question de l’éthique derrière l’utilisation des insectes dans les élevages sans avancées scientifiques certaines.
Article pour sortir des citations :
Les insectes sont-ils sentients ?


